
Voici le partage de quelques idées et réflexions sur le thème de Victor Hugo.
English version : https://explorastrologie.fr/2023/03/13/chart-victor-hugo/
Le Soleil de Victor Hugo est en Poissons. Dans l’expression la plus élevée de l’archétype et de la quête des Poissons, on trouve l’exploration de l’Amour à son plus haut niveau, un amour universel, un amour désintéressé, également faire descendre les idées et inspirations divines sur Terre, incarner le pardon, la compassion (l’énergie Poissons est souvent associée au Christ), s’en remettre à plus grand, se connecter au Tout cosmique. C’est le dernier signe, là où l’égo s’effrite, où la quête de plus Grand est à son paroxysme, comme si la frontière entre les mondes se dissipait.
Il y a un grand idéalisme, une aspiration à l’ailleurs dans ce signe, une forme de mélancolie parfois, celle de la perte d’un paradis perdu avec beaucoup de sensibilité et de poésie. Ce signe porte aussi la reconnexion au sens du sacré, et une forte dimension de service.
« Dans cette dernière étape, (Poissons) l’être a acquis une telle conscience collective qu’il est profondément touché par ce qui l’entoure, par ce que vivent les autres et ce qu’il se passe partout dans le monde. Comme tout signe d’eau, il fonctionne à la fusion et se charge, qu’il en ait conscience ou non des énergies qu’il rencontre en chemin. » Emilie Charton
Et à côté du Soleil de Victor Hugo, on trouve Vénus, qui va venir canaliser l’expression de ce Soleil Poissons – sa sensibilité, connexion à ses états intérieurs et ceux du monde, un besoin de transcendance – dans l’art, la poésie, le beau.
Ces deux planètes sont également conjointes à Pluton, la planète de la mort et de la renaissance, qui vient rajouter de l’intensité, révéler un monde émotionnel nourri de ce qui ne se voit pas, une connaissance psychologique plus fine des mécanismes et fonctionnements humains. Cela ajoute une note de transformation au sentimentalisme Poissons, un aspect plus difficile, qui demande la maîtrise de ses profondeurs, d’émotions ou d’expériences violentes, la mort, la séparation, l’exil. Avec cette teinte plutonienne, Hugo scanne, dévoile la réalité triviale à laquelle l’humanité est confrontée, il exprime ses laideurs et ses excès, les ombres et lumière qui font les contrastes de notre humanité, du moins les forces qui se jouent à l’intérieur et à l’extérieur de chacun, dont il est comme un miroir, reflet que l’on retrouve dans ce symbole d’eau (Poissons).
Sa carte natale, peut évoquer le fait de mettre du beau sur les ombres, une expression onirique de la souffrance individuelle et universelle (Pluton est aussi une empreinte collective), afin de transmuter la douleur par la création.
Cette alliance de planètes se trouve en maison 4, qui est celle des racines, de la famille, de la patrie et de l’hérédité. Le fait que son Soleil se trouve dans cette maison n’est pas anodin. On pourrait le lire de diverses manières, l’incarnation d’une figure paternelle, l’importance de son foyer et intériorité dans son processus créatif (soleil conjoint vénus maison 4), un rayonnement au niveau de son pays, ou lui même représentant de sa patrie… Et ce qui interpelle aussi, c’est Pluton maison 4. La planète de la mort dans la maison de la famille.
Comment ne pas penser à la mort de sa fille Léopoldine (aussi sa lune noire en Lion (Leo), qui peut être interprétée comme une part de rage ou de souffrance inconsciente, un moteur souvent aussi). Quand on sait que Léopoldine Hugo est morte noyée, et que cette alliance de planètes (Pluton Vénus Soleil en 4) se trouve en Poissons, que Victor Hugo est fortement marqué par des signes d’eau (Poisson Ascendant Scorpion), ce qui est pourtant ce qui lui a retiré sa fille, cela reste assez troublant.
C’est un peu comme si la transmutation de ce deuil passait par son art, et qu’en étant au contact d’une des plus grandes souffrances que peut vivre un humain, la perte d’un enfant, cela l’amenait, consciemment ou inconsciemment dans son parcours, à exprimer encore davantage, et mettre en mots le monde émotionnel, la douleur, les états d’âme des autres humains, se faire le porte-parole du collectif, aussi dans sa dimension la plus intime, et viscérale, toujours avec cette quête de beau.

Demain dès l’aube
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor Hugo, extrait du recueil Les Contemplations (1856)
Une réflexion sur “Thème – Victor Hugo”